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Un coup de sécateur au mauvais moment et vous pouvez dire adieu à une partie des figues de l’été. Beaucoup de jardiniers hésitent sur le bon moment pour tailler leur figuier, et c’est compréhensible. Entre les gelées tardives, la montée de sève et les variétés qui ne fructifient pas de la même façon, le calendrier est plus précis qu’un simple « taille en hiver ». Voici comment trancher sans risque.
Pourquoi tailler un figuier alors qu’il pousse très bien tout seul ?
Le figuier n’a pas besoin d’être taillé pour survivre. Mais sans intervention, il devient vite encombrant, les branches s’entrecroisent et la production finit par baisser. Tailler permet de concentrer la sève vers les rameaux qui portent les fruits, d’aérer le centre de l’arbre pour que la lumière atteigne toutes les figues, et de garder une hauteur accessible pour la récolte. Sur un vieux sujet fatigué, une taille de rajeunissement tous les 20 à 30 ans relance la vigueur. Sans cela, l’arbre s’épuise et devient moins productif.

Tailler en fin d’hiver ou après la récolte : le calendrier qui change tout
Le choix de la période dépend de votre climat et du type de figuier que vous avez. Il n’y a pas une seule bonne date, mais deux fenêtres principales.
La taille de fin d’hiver (février-mars)
C’est le moment le plus sûr pour la majorité des jardiniers. On intervient quand les fortes gelées sont passées mais avant que les bourgeons n’éclatent, ce qui correspond au repos végétatif. La sève commence à monter, ce qui permet une cicatrisation rapide des coupes. L’arbre est encore sans feuilles : on voit bien sa structure, on repère facilement le bois mort, les branches qui se croisent et les rameaux mal placés.
Cette période est la seule recommandée pour les figuiers unifères, ceux qui ne produisent qu’une récolte en automne. Dans les régions au climat froid, elle est également la plus adaptée pour toutes les variétés, car les plaies de taille ne risquent pas d’être brûlées par le gel.
La taille d’automne (octobre-novembre)
Réservée aux régions à hivers doux (Sud, façade atlantique) et aux figuiers bifères, qui donnent deux récoltes : une en juillet sur le bois de l’année précédente, une autre en août-septembre sur les pousses de l’année. On taille juste après la dernière récolte pour nettoyer l’arbre, supprimer le bois qui a déjà fructifié et éclaircir le centre. Attention : dans le Nord de la France ou en altitude, une taille d’automne expose les plaies au gel pendant tout l’hiver. Mieux vaut alors attendre la fin de l’hiver.
| Type de figuier | Récolte | Période de taille recommandée |
|---|---|---|
| Unifère | Une fois en automne | Fin d’hiver (février-mars) uniquement |
| Bifère (climat doux) | Juillet + août-septembre | Après récolte (octobre-novembre) ou fin d’hiver |
| Bifère (climat froid) | Juillet + août-septembre | Fin d’hiver uniquement |
Adapter la taille à l’âge de l’arbre : jeune, adulte ou vieux figuier
Jeune figuier (0 à 3 ans) : la taille de formation
Les premières années sont cruciales pour donner une charpente solide à l’arbre. En fin d’hiver, choisissez une forme : un tronc unique ou une cépée (plusieurs tiges partant de la base). Gardez 3 à 5 branches charpentières bien réparties autour du tronc et supprimez les autres. Ne retirez pas plus d’un tiers de la végétation pour ne pas ralentir l’installation de l’arbre.

Figuier adulte : la taille d’entretien tous les 2 ou 3 ans
Un figuier en place n’a pas besoin d’être taillé chaque année. Tous les deux ou trois ans suffit. On enlève :
- le bois mort et les branches abîmées
- les branches qui se croisent ou qui poussent vers l’intérieur
- les rameaux qui ont déjà fructifié (surtout sur les bifères)
- les gourmands, ces pousses vigoureuses qui partent du tronc ou des racines
L’objectif est de garder un centre aéré pour que la lumière et l’air circulent, ce qui limite les maladies et améliore le mûrissement des figues.
Vieux figuier fatigué : la taille de rajeunissement
Quand un figuier devient moins productif, qu’il a des branches épuisées ou qu’il est trop haut pour être récolté facilement, on peut le rabattre sévèrement. En fin d’hiver, coupez les grosses branches à environ 50 cm ou 1 mètre du sol. L’arbre va émettre de nouvelles pousses vigoureuses. Cette opération ne se fait qu’une fois tous les 20 à 30 ans, car elle est très traumatisante pour l’arbre.
Les erreurs de timing qui coûtent cher
La plus fréquente : tailler pendant une période de gel. La plaie de coupe gèle et peut faire dépérir toute la branche. Autre erreur classique : tailler trop sévèrement chaque année. Le figuier produit ses fruits sur le bois de l’année précédente (pour la première récolte des bifères) ou sur les pousses de l’année (pour la récolte d’automne). Une taille radicale en fin d’hiver peut supprimer toute la récolte de juillet si vous avez un bifère. Si vous avez un doute, mieux vaut se contenter d’enlever le bois mort et les branches gênantes, et reporter les grosses coupes à l’hiver suivant.
Comment tailler proprement sans abîmer l’arbre
Utilisez un sécateur bien affûté et désinfecté pour les petites branches, une scie d’élagage pour les plus grosses. Portez des gants : le latex blanc qui s’écoule des coupes est irritant pour la peau. Faites des coupes nettes, légèrement inclinées pour que l’eau s’écoule. Pas besoin de mastic cicatrisant sur les petites plaies, l’arbre se referme tout seul. Réservez-le aux coupes de plus de 5 cm de diamètre. Après la taille, un arrosage régulier au printemps et un apport d’engrais riche en potassium aident l’arbre à repartir vigoureusement.
Le geste qui change vraiment tout, ce n’est pas la coupe elle-même. C’est de choisir le bon moment pour la faire. Attendez la fin de l’hiver dans les régions froides, passez après la récolte en climat doux, et ne taillez jamais pendant le gel ou en pleine montée de sève. Un figuier taillé au bon moment vous le rendra en fruits plus gros et plus sucrés. Si vous avez manqué la fenêtre, ne forcez pas : un an sans taille ne tuera pas l’arbre, mais une coupe mal placée peut compromettre deux récoltes.
